Portrait de René DUNAN par le peintre
sourd sur faïence, Michel LOUBET.

Le 13 novembre 1793, René DUNAN est né à Nantes le 23 Brumaire An 2, rue Crébillon. Ses parents tiennent un commerce en épicerie.

Il fait des études à l'Institut National des Sourds-Muets de Paris. Le directeur à l'époque était l'Abbé Sicard. Il est possible qu'il croise Jean Massieu et Laurent Clerc.

Après 1816, il sait qu'un sourd est directeur de l'institution de Saint Etienne et que Laurent Clerc part enseigner aux Etats Unis.

Vers 1820, il instruit une douzaine de sourds dans sa propre maison, rue Crébillon à Nantes.

En 1824, le sourd-muet René Dunan, élève de l'abbé Sicard, fonde la première école de sourds-muets. Environ six élèves de deux sexes viennent tous les jours chez lui, rue Crébillon.

En Décembre 1824, la municipalité nantaise s'intéresse à son oeuvre et le prenne en charge.

En 1825, le projet se réalise pour René DUNAN : il enseigne à l'Hôpital de Sanitat et il est directeur. Chaque élève est nourri, logé et instruit. L'enseignement de René DUNAN dépend des décisions prises par le Conseil Municipal. Ceci durera jusqu'en 1834.

Vers 1826, le Conseil Municipal vote un crédit de 500 francs à René DUNAN et bientôt présente un projet de fondation d'une institution de sourds-muets car le local rue Crébillon est insuffisant. Les élèves garçons sont accueillis à l'Hospice de Sanitat et les filles sont placées à la Maison de la Providence sous la surveillance des sœurs de la Sagesse, mais sous le contrôle éducatif de René DUNAN.

A partir de 1827, René DUNAN devenant âgé, les frères de Saint Gabriel sont seuls à se charger du quartier des garçons.

En 1833, le Conseil Général modifie son attitude. Il fonde dix bourses pour le département et approuve la proposition d'un pavillon d'un ancien couvent de Bénédictins : le Couvent de Saint Jacques dans le village de Pirmil. Ce couvent transformé depuis lors en hospice pour vieillards, miséreux et aliénés comprend :
- Une chambre pour l'instituteur ;
- Une salle de classe ;
- Deux dortoirs de 12 à 15 élèves.

En 1834, il recherche en vain un adjoint pour le seconder dans sa tâche d'enseignant. Il trouve alors Renaud (Pierre Etienne), cordonnier dont il lui a appris la langue des signes. Mais aucune trace d'acceptation de la commission.

1834-1835, la municipalité de Nantes obtient du Conseil général le transfert de l'école à l'Hospice général de Saint Jacques à Nantes.

Le 1er août 1835, le statut officiel de l'école devient Institution Départementale après les démarches diverses. Elle s'installe à l'hôpital Saint Jacques.

Le 23 mars 1840, la commission a rédigé un règlement de discipline intérieure de l'établissement des sourds-muets.

En 1842, l'administration des Hospices de Nantes envisage d'agrandir l'oeuvre de René DUNAN. Il est toujours seul à enseigner et la situation devient de plus en plus difficile malgré sa volonté de continuer. L'administration pense alors à des successeurs.

1843, année mouvementée pour René DUNAN

Il y a une réorganisation de l'enseignement des élèves de René DUNAN. En collaboration avec les frères de Saint Gabriel de Nantes et les soeurs de la Sagesse de l'Institut de Sourds-Muets d'Auray, les filles seront transférées à Auray et les garçons restant à Nantes.

En 1843, les frères de Saint Gabriel accueillent de nouveaux élèves : les boursiers du Finistère, du Morbihan et de la Vendée. Les locaux devenant insuffisants, les frères cherchent un autre établissement.

Le 11 octobre 1843, il est expulsé de ses fonctions d'enseignant et de directeur. Cette décision est prise par la Préfecture.

Le 2 novembre 1843, les filles quittent Nantes pour Auray.

Le 16 novembre 1843, séance houleuse au Conseil Général où le Conseil Municipal demande l'ouverture de nouveaux crédits pour l'installation de trois frères capables d'enseigner aux sourds-muets. Le Conseil invite l'administration à s'occuper de la situation du professeur René DUNAN.

René DUNAN s'installe au bourg de Carquefou, en Loire Inférieure. On pense également que ses parents lui ont légué la maison et il a un revenu suffisant pour se mettre à l'abri du besoin. Il se met à peindre des paysages, des scènes de chasse et un autoportrait. Il se sent tellement isolé à Carquefou à une quinzaine de kilomètres de Nantes.

Son école est transférée dans le Domaine de la Persagotière où l'espace est favorable aux besoins des élèves. Devenu âgé, il rencontre le directeur de ce nouvel établissement, le Frère Louis, un homme de coeur. René DUNAN s'installe à la Persagotière à Nantes où il a une chambre avec des soins attentifs et de l'amitié de l'entourage. Il profite d'une longue et paisible vieillesse.

Le 7 mai 1885, il meurt dans sa maison, 20 sise Chemin de Vertou, à Nantes.


A l'angle de la rue Crébillon et de la rue de Guérande, une plaque a été dévoilée le 14 novembre 1998, en hommage à René Dunan (1793-1885), fondateur sourd et premier directeur de l'école des Sourds de Nantes.
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